HOMELIE DU 2e DIMANCHE ORDINAIRE C

  • Catégorie : Homelies
  • Publication : lundi 21 janvier 2019 00:00
  • Écrit par Père Francois Xavier
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Noces canaTout a commencé autour d’une fête des hommes : une noce villageoise. C’est ainsi que Jésus, intronisé par son Père à son baptême, a voulu commencer sa mission. Le contexte de ces noces nous indique déjà que le Christ est venu se mettre au service des hommes ; de leur joie ; de leur foi. Pour l’Evangéliste Jean, ce premier « signe » de Jésus à Cana est très important : il évoque à lui tout seul le grand mystère du projet de Dieu sur l’humanité, mystère de Création, mystère d’Alliance, mystère de Noces. Dans cet épisode de Cana, Jésus opère  son premier miracle et trace par anticipation à grands traits l’objet et la portée de sa mission. Il est venu pour bonifier la vie des hommes et les introduire dans la célébration des noces éternelles à l’image de ce festin sans fin où Dieu sera tout en tous. Mais Il compte sur la coopération de tous.

 Jésus est invité avec ses disciples à une fête villageoise à Cana. Il nous est donné de comprendre que les organisateurs de cette noces ont accordé à Dieu une place dans leur fête. Bonne nouvelle ! C’est un enseignement qui nous invite, nous aussi à laisser une place à Dieu dans nos vies, dans nos célébrations. Sortir de l’habitude de plus en plus installée d’organiser des fêtes sans Dieu ; des sacrements sans Dieu.

La présence de la Mère de Jésus, la Vierge Marie nous introduit également dans son rôle de médiatrice tout au long de la vie et de la mission du Christ et de son Eglise. Sa foi est une fois encore mise en exergue et donnée en exemple. Elle a confiance et demande à Jésus d’anticiper la manifestation de la Gloire de Dieu pour ceux qui sont venus à cette fête. Sa foi est si grande qu’elle entraine l’adhésion des serviteurs et servantes de la noce qui obéissent sans se poser de questions aux injonctions du Seigneur.

Dans cette fête, le vin vient à manquer. Ben Sirac, le sage de la Bible, précise que le vin est un bien précieux qui rend la vie agréable (Si 32,6 ; 40,20) à condition d’en user avec sobriété. « D’un point de vue profane, le vin symbolise tout ce que la vie peut avoir d’agréable : l’amitié, l’amour humain et en général, toute la joie. Ce manque de vin met en danger la fête et la volonté des hommes de la faire durer. C’est le désarroi, l’inquiétude ; c’est le vide et l’absence de perspective. Pour prolonger la fête, Jésus pose, à la demande sa Mère, une action bienfaisante ; une œuvre de salut. C’est pour cela qu’il est venu. Il transforme l’eau en vin. En très bon vin. Il va au-delà des espérances ; des projections. Pour que cette transformation soit opérée, il a fallu la foi sans faille d’une femme, la coopération active des serviteurs et servantes de la noce et surtout l’empathie de Jésus pour les hommes.

L’attitude des serviteurs nous rappelle que Dieu a besoin de notre coopération pour faire bouger les lignes dans le bon sens ; dans la voie du salut. Dieu qui nous a créé sans nous ne nous sauvera pas sans nous, aime-t-on à répéter. Pour que la participation d’un grand nombre à l’Alliance et au banquet éternel assuré, Dieu a besoin de notre coopération. C’est dans ce sens que le Pape François n’a de cesse de nous inviter à sortir de nos zones de confort pour porter l’espérance à ce monde qui en a besoin. Les hommes de notre temps ont besoin de témoins et non des spectateurs.

L’eau est changée en vin et la réaction du maître de la noce qui est surpris de la qualité du vin nouveau, nous instruit sur l’inattendue des bienfaits de Dieu pour les hommes. Dieu dépasse toujours nos prévisions humaines. En bon intendant, ce maître de cérémonie a planifié la fête avec surement beaucoup de bonne foi. Nous constatons que la situation lui a échappé. Il en est toujours ainsi quand on veut planifier nos projets sans Dieu. Il est donc surpris.

 Ici se fait jour en s’opposant, deux perspectives différentes : la perspective humaine et celle divine. La première sera toujours courte sans portée dans la durée. La deuxième va toujours au delà de ce qu’on peut espérer, elle vise l’éternité. La grâce divine bonifie les objets de notre joie. Il nous faut donc devenir, nous aussi, des serviteurs pour témoigner des bienfaits de Dieu.

« Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » Cette repartie de Jésus à celle qui est sa Mère, nous donne deux enseignement : 1- l’heure de la manifestation définitive et éclatante de la Gloire de Dieu dans la mission de son Fils n’est pas encore arrivée : l’heure du don suprême. Sur la demande de la Mère, le Fils anticipe les effets de la grâce pour faire durer la fête des hommes. 2 – Les participants à cette fête ne sont pas encore prêts pour comprendre la portée d’un tel don.

Dimanche dernier nous avons entendu Saint Paul nous rappeler que la Grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. Ce matin, nous entendons l’Evangéliste Jean nous informer que, dans la scène de Cana, Jésus « manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. » ce qu’il nous est donné de comprendre, c’est que la Gloire de Dieu se manifeste par sa contribution à la joie des hommes afin qu’ils aient plus confiance en Dieu ; qu’ils n’aient plus peur de lui faire confiance.

« Le vin de la noce à Cana, ce bon vin attendu est le don de la charité du Christ, le signe de la joie que réalise la venue du Messie » parmi les hommes. Demandons au Seigneur d’entrer dans nos vies pour nous aider à grandir dans la foi afin  de parvenir un jour aux noces éternelles avec son Fils Jésus Christ. Amen !

 

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